La Ronda des pourquoi?

J-dernier mois

L’entrainement se passe bien. Je varie les sorties et j’accumule les heures. Sortie courte ou longue, fractionné ou fartlek, plat ou dénivelé, seuil ou marche, CàP ou vélo, jour ou nuit, à jeun ou soir,…

Deux grandes sorties sont faites. En CàP sur la Sainte Victoire, plus de 9h à la parcourir de haut en bas et de gauche à droite en prenant le plus de montées possibles. En vélo, avec l’Ardéchoise comme « course », ou plutôt comme sortie de cyclotouristes au vue du monde et du mode de départs échelonnés.

J-1

Je suis prêt. Physiquement il me semble avoir fait le nécessaire, comme prévu j’ai mangé du dénivelé. Mentalement, je sais où je vais, je sais la tâche difficile, je m’y suis également préparé. Seul léger souci, le boulot ne m’a pas épargné c’est dernier temps, je n’ai donc pas l’esprit totalement libre et surtout je ne suis pas aussi reposé que je ne l’escompté.

Tout est prêt. En arrivant le jeudi, directement nous passons par l’enregistrement et j’enchaine avec la constitution des deux sacs des bases vies. Il s’agit juste de transvaser les affaires, ils étaient déjà faits avant de partir de la maison.

Le timing est bon. On assiste au briefing, puis directement nous allons à l’appart-hôtel pour récupérer la clef. Nous pensions avoir passé l’heure, il n’en est rien. L’appart est très bien, propre et confortable, un bon plan. Il n’y a plus qu’à aller manger.

Jour J

Le petit déjeuner pris, je n’ai plus qu’à me vêtir de mon armure et me faire accompagner par Pascal et Laurent sur la ligne de départ. Ils sont bien plus décontractés que moi. Étant sur la CELESTRAIL, ils ont une bonne journée de répit et de repos.

Mon maître mot, à me ressasser pendant cette première journée : m’économiser !

Je ne vais pas y déroger, à peine le départ pris, je prends mon rythme. Les premières difficultés se présentent et s’enchainent. Et passent assez facilement.

Une pensée comparative s’installe et je ne cesse de penser à l’an dernier, comment j’étais à cet endroit, quand on commencer les premiers symptômes. Cela à l’avantage de me faire manger régulièrement car j’ai la hantise de tomber de nouveau dans cette boucle infernale et rédhibitoire. Cela a aussi l’inconvénient d’occuper une grande part de mon esprit, m’empêchant d’être libre et dans le temps présent.

Premier ravito, puis deuxième : RAS. A chaque portion, j’augmente mon avance sur mon estimation. Cela est rassurant, sachant que je fais attention dans chacune des descentes à ne pas me laisser emporter. Je suis dans l’économie, je m’y complais.

Troisième ravito, nous sommes au pied d’un morceau : la montée du COMAPEDROSA. La pente, le dénivelé, la taille des blocs à franchir, la raideur du pierrier, le finish mémorable, s’enchainent, s’avalent le sourire aux lèvres. Par contre le passage au sommet sera très bref, nous sommes dans les nuages, le vent et la pluie menaçante. Alors que l’an dernier j’avais fait la descente dans la nuit tombante, j’arrive et repartirai du quatrième ravito en plein jour. Ce ravito est peut-être une étape, j’ai froid et ressens un coup de fatigue, un coup de moins bien. Qui se traduit de suite par une difficulté à mâcher à avaler, à manger. Je le quitte un peu plus soucieux. D’autant que je sens dès les premiers mètres que mon rythme comme mon intérêt ont décliné. J’avance tout de même et me force à courir dès que la déclivité le permet. La nuit tombe dès le cinquième ravito passé. Et c’est la descente, The descente. Raide, longue et glissante. A trop vouloir m’économiser je reste un long moment derrière un non descendeur. Faute. Je suis systématiquement sur la retenu, et à la recherche d’appuis. C’est à plusieurs reprises que je me retrouve sur les fesses. Jusqu’au moment où une chute se solde par un craquement net et sans appel. Je viens de retomber sur l’un de mes bâtons légers, pliables, onéreux et de carbone. Grosse contrariété.

Je n’ai pas fait la moitié du dénivelé, et c’était son premier trail. Dans la colère, comme s’il était responsable, je dépose mon prédécesseur. Et d’un pas beaucoup plus sûr j’arrive à la base vie de MARGINEDA avec deux heures d’avance sur ma feuille de route. Je me pose, et compte prendre un peu de repos. Après avoir grignoté, mettre changé, je fais une attelle au bâton avec bout de bois ramassé et gaffeur (utile d’avoir toujours un petit rouleau au fond du sac), et je m’allonge. 45mn plus tard, la montre sonne, il est temps de se conditionner à partir. Jugeant ma restauration pas suffisante, je me reprends de la salade de riz et du jambon et prends le temps de l’ingurgiter. Petit check–up tout en « chaussant » mon sac, le moral est moyen, le physique est bon la fatigue est présente, j’ai froid. Rien d’anormal à ce stade de la course et à cette heure. Et tout d’un coup, surpris par la fulgurance, je me dois de partir à l’opposé de la sortie, vers les toilettes. Grelottant, je me vide.

Je dois être blême, je suis agars, je n’ai qu’une envie quitter cette base vie. Le film de l’an dernier passe en boucle et je m’y vois et revois dans ce gymnase rendre mon dossard.

Je pars. Il est deux heures du mat, je pars seul. Faute.

La nuit est noire et je suis sur pilotage automatique. Concentré sur mon état, je ne fais plus attention au marquage, et je m’égare. Un pont de pierre, un sentier, un ruisseau, à nouveau du goudron, un sentier qui monte, j’avance. Je suis la rubalise. Je monte. Je m’étonne du silence, et surtout l’absence de lumière aussi bien devant que derrière. Mes jambes montent, j’avance, c’est rassurant. Bizarre tout de même qu’ils aient changé le marquage, seulement de la rubalise et plus de pastille fluorescente. Au fil de la montée, et en train de naitre un soupçon, une suspicion d’erreur. Et je réalise d’un coup que depuis le début de cette montée, cela fait 45mn, je passe mon temps à m’enlever des fils d’araignée sur le visage. Il n’y a plus de doute, certain de ne pas être le premier, je fais erreur. Je dois redescendre. Demi-tour. En arrivant en bas du sentier, une flèche vers le haut indique : La MITIC !

Vient alors à ma rencontre un gars du staff. Ils ont vu ma lumière depuis l’autre versant (vu mon état je n’avais que celle à trois piles !). Trouvant étonnant qu’il y ait déjà un coureur sur la MITIC, il est venu. J’ai alors droit à un petit circuit en voiture, et il me remet sur le parcours là où j’ai bifurqué : un grand rond-point !

Je suis tel l’automate, tel le jouet que l’on vient de retourner et qui repart de l’avant. Le moral et le ventre sont out, les jambes avancent. Cette fois je suis sur la bonne voie et au pied d’une montée de 1000m. Il fait nuit noire, et je suis seul. Seule mes jambes me portent et me supportent, le reste part petit à petit dans le sommeil. Le chemin monte, puis devient piste. A plusieurs reprises je me retrouve dans les branches, bien que je ne faits que marcher je ne peux échapper à la chute. Je me cale côté montagne pour éviter de me retrouver plus bas.  Les paupières se ferment, et rien n’est là pour lutter. Je dors. A force, je me décide de me couvrir de tout ce que j’ai et essaye de faire un somme sur le bas côté. En vain, la mousse est humide, j’ai froid. Autant suivre les jambes, et avancer. Une ombre passe et je m’y accroche. Je ne suis plus seul, je peux dans l’instant me laisser aller. Plus besoin de voir, les paupières se ferment, je me guide aux sons de ses pas. Nous progressons lentement, le col se formalise, la forêt s’éveille, l’aube se lève. Avec le jour naissant et la descente, je reprends mes esprits et peux enfin partager les relais avec mon compagnon de route. Nous progressons très correctement en courant dans toutes les portions plates et descendantes. J’ai faim, mais la moindre bouchée me procure des nausées. J’ai hâte, et pour un bon moment, de retrouver de l’appétence. Inutile donc de forcer dans cet état d’Hypo. Incompréhension avec l’un des bénévoles, au point le plus bas du parcours il nous annonce le prochain ravito à 1000m. Ils nous paraissent bien long. Et pour cause, nous avions confondu distance et dénivelé !

Nous sommes blancs, blêmes et agars. Assis sur un banc, l’un comme l’autre nous nous essayons à la salade de riz. Bouchée par bouchée, très consciencieusement, sans s’attacher au temps qui passe, concentrés nous ingurgitons chaque cuillère. Je ne peux accompagner mon compagnon qui se décide à partir. Il me faut calmer, la tempête intestinale qui se prépare. Je me dois d’éviter tout tsunami. C’est donc assis couvert d’une couverture, une cuillère à la main (comme pouvait le faire DALI !) que je me laisse emporter. A peine celle-ci tombe au sol, je me lève, et repars à nouveau seul,  accompagner d’une grande lassitude. La portion du parcours traversé, n’est pas des plus agréable. J’avance au rythme de ma feuille de route sans aucune allégresse. L’effort est difficile, je ne fais que puiser depuis trop longtemps. J’avance tout de même correctement, au point de dépasser un groupe d’Espagnols et de Belges. Au ravito, je me surprends à reprendre une assiette de salade, mais le mal est fait. Cela fait depuis plus de 11h que je n’ai avalé qu’un gobelet de riz et quelques portions de bananes. J’aspirais à retrouver l’appétit plus tôt, cela fût ma préoccupation de la journée. Le moral est au plus bas, je n’ai plus aucune motivation, ni envie. Je sais à cet instant que je n’irais pas plus loin que la prochaine base vie, le PAS DE LA CASA. Décision prise, je me sens plus légers, et peux profiter de l’environnement traversé. Le rythme est régulier, nous sommes sur une portion commune avec la MITIC. Ils ne sont pas dans un meilleur état. Imperturbable mes jambes avancent depuis le début de cette aventure, mécaniquement et régulièrement. Ainsi je dépose et dépasse. Dernier ravito, je ne m’attarde pas. Nous évoluons dans un paysage magnifique,  forêts et rivières, grandes prairies, vaches et chevaux donnent le rythme aux sons de leurs cloches.  J’ai faim, et j’avale sans « grande » difficulté une grande plaine. Voici la montée, ma dernière montée, qui nous fait passer au point des trois frontières (Espagne, Andorre et France). Il fait frais, je crois passer le point le plus haut, mais nous avons droit à une descente suivie d’un raidillon bien costaud. Puis là bas, tout là bas la base vie. J’y cours, je dévale à toute allure, il est inutile de se préserver. Mais que c’est moche cette ville, se grand magasin, cette grande surface ou tout est à vendre. Décidé, je rentre dans le gymnase et rend mon dossard. Organisateurs et coureurs essayent de m’en dissuader, mais mon enthousiasme n’étant plus là, je préfère en rester là. Déçu

Depuis, je rumine. Il n’y a pas plus générateur de questions que l’abandon.

Pourquoi ai je été dans cet état ?

Pourquoi j’ai eu  ces malaises ? Pourquoi n’ai je pas pu lutter contre la fatigue ? Pourquoi je ne peux manger ? Pourquoi cette lassitude ?

Et c’est peut-être cette dernière, la plus difficile à comprendre et à accepter. Comment ai je pu en avoir marre, alors que je me prépare depuis plusieurs mois, que j’ai hâte d’y être, que je suis dans mon environnement …

Beaucoup de questions, et heureusement des réponses qui se formulent au fil du temps.

Je ne suis pas là pour souffrir mais pour profiter. Je souffre = j’arrête. Donc inutile de s’attarder sur de l’analyse à quatre francs six sous judéo-chrétienne (et mon devoir d’en baver !).

Les malaises peuvent s’expliquer par l’altitude, et mon manque d’adaptation. Aussi bien en phase d’entrainement, qu’avant la course. (troisième fois que cela m’arrive, à chaque fois avec des passages à 3000m et plus)

Et puis il y a le tout, le tout qui nous fait. Le tout qui fait que l’on est prêt le jour J, psychologiquement et physiquement. Le fait que l’on ait, ou pas, l’esprit libre et tranquille. Le contraire, génère un état de fatigue. Etat que j’associe à mon manque de motivation, de lassitude et de détermination.

Là, oui, il faut creuser bien plus loin que la course à pied.

Là, les directions et réponses qui s’esquissent sont plus profondes …

SORTENY / 21km :             3h33mn +1816/-1165m (Alt. 1938m)

ARCALLIS / 31Km :            2h36mn (6h09mn) +1154/-888m (Alt. 2205m)

Ravito 2 : 19mn

PLA ESTANY / 43Km :       2h35mn (9h05mn) +921/-1113m (Alt. 2010)

Ravito 3: 15mn

COMAPEDROSA / 49Km : 2h16mn (11h37mn) +897/-687m (Alt. 2222m)

Ravito 4: 18mn

MARGINEDA / 69Km :     4h51mn (16h48mn) +911/-2140m (Alt. 995m)

Base vie : 1h38mn

COMA BELLA / 90Km :    5h58mn (24h25mn) +1784/-1429m (Alt. 1347m)

Ravito 6: 42mn

PERAFITA / 110Km :         5h30mn

Ravito 7: 25mn

ILLA / 119Km :                    2h49

Ravito 8: 5mn

PAS DE LA CASA / 132Km : 3h (11h49mn) +3048 / -2340m (Alt. 2055m)

132Km / 36h57mn         +10543m / -9775m

Alt. Max : 2880m / 10h45mn

Alt. Mini : 869m / 23h21mn

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Au départ de Caricabuya

Une semaine pour se ressourcer, se conforter, se renforcer, se retrouver. Je n’avais d’autre objectif que d’en profiter. Nous étions à la Maison …

C’est donc au départ de celle-ci que chaque jour, je suis parti à la recherche de dénivelé. Le circuit classique aller / retour, la boucle, à chaque fois j’ai essayé de nouveau chemin, de nouveau sentier. Mes tibias s’en souviennent, ils sont griffés!

A chaque sortie, j’ai croisé le regard d’un chevreuil. En cette saison, les bêtes sont dans les granges et les hommes au village. Il est rare de rencontrer autrui. Le bruit n’est que feuillage, vent, pluie, oiseaux. C’est l’immersion totale.

Aux alentours, oh combien de sommets, pics et autres monticules que je connais de nom. Il me faut y aller, et le mieux les enchainer. MOUCHAKO, HIDO, Col d’ARANGAITZ, Pic d’ECHECORTIA, AHUSQY, Pic des VAUTOURS, BEHORCORTIA, et bien d’autres…

J’avais l’idée d’aller faire une portion du HRP au Pic des ESCALIERS, le temps et la neige m’ont contraint à rester plus bas.

Que la montagne est belle!

je me suis régalé. J’ai hate d’y retourner, encore tant de lieux et de chemin à découvrir …

Chaque sortie c’est soldée par 1000 à 15000m de dénivelé positif en deux à trois heures et demi, max …

Agur

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Cinq fois par la crête

Me voilà en guise de préparation, à me diriger vers la Sainte de bon matin. Cette année l’envie n’est pas dans la performance chronométrée, mais dans le plaisir de faire du dénivelé. Tout du moins pour ce début d’année.

L’année passée doit servir de leçon …

C’est donc en garant ma voiture sur le parking vide de la maison de la Sainte que je partirai à plusieurs reprises faire du repérage. L’objet est de se faire un circuit, le plus varié possible et qui me fait grimper sur la crête le plus de fois possible.

Tout commence fin janvier, j’ai plus d’un tour en tête. Mais comme mon allure n’est pas des plus rapide, j’avise au fur et à mesure de la progression. J’innove, j’explore, je tente, j’avance, je fais demi-tour. Certaines des tentatives sont hasardeuses, et pour quelque unes le repli est raisonnable !

J’ai le sentiment bizarre d’être en communion avec ce beau calcaire. J’en profite.

Mais voilà, qu’à l’issue d’une des sorties (au début de la période de grand froid de cet hiver) encore dans l’euphorie de la sortie, je ne me change pas, je ne m’étire pas, je monte dans la voiture direction le repas dominical familial. Sortir de la voiture est un cauchemar, le dos a pris froid, il grince !

C’est trois semaines de douleur qui suivent. Un arrêt contraint, avec toutefois une sortie de rando-course dans la neige. Physiquement cela n’était pas recommandé, mais quel plaisir de faire sa trace sur la crête avec les mollets enneigés. Le froid est glaçant, piquant, l’ambiance étouffée de la neige absorbe la douleur intérieure. Il faut redescendre. La face sud, grise et de caillasse n’est qu’entrechoquement.

Cette fois c’est sur c’est l’arrêt complet. Je me dois d’être en forme pour le Trail de la Sainte Baume.

Je suis de la fête, est rempli mon rôle. Vêtu de notre cape orange fluo, nous fermerons cette belle journée. Une deuxième séance d’Osthéo en suivant, et me revoilà prêt à repartir à ma tâche.

Et pour reprise me voilà, par très grand mistral à tirer des bords sur la crête. Le corps est à l’écoute, les jambes déroulent, je peux crier à tue tête, je ri, je souffle, je cours.

C’est donc après plusieurs de ces repérages, que je m’organise une longue sortie. Il me faut enchainer.

Le sac est lourd, eau à gogo, sandwich, saucisson. J’ai la journée.

C’est parti !

Je monte, je descends, je remonte, je traverse, je descends, je longe, ….je monte, je descends, …j’alterne course, marche et pauses. Le temps passe, et j’avance. Il fait bon, la température est clémente et je bois. La source se tarie !

Je vois au loin, en contrebas, le relais de Saint Ser. L’arrêt s’impose. Je suis l’intru, je suis le Charlie, tout sourire et non endimanché à boire un grand coca bien frais. Les réserves sont faites je peux attaquer le pic des Mouches. Une belle montée, l’allure est plus faible. Des randonneurs croisés plus tôt me le font remarquer. Et c’est la pause repas/saucisson au sommet, en regardant un autre s’envoler accroché à sa voile. Il vole. Je bascule côté Nord.

Me voilà sur un long faux plat, qu’il faudra gérer le jour du TSV. C’est usant, monotone, mais comme tout doit être positif, je sais que ces moments là, forgent la tête et la volonté.

Je suis au pied de la dernière des montées, habité d’un sentiment d’accomplissement. Elle passe comme une lettre à la poste. Je suis pour la cinquième fois sur la crête. La mer de nuages matinale c’est évaporée, je peux contempler à l’horizon les montagnes enneigées d’un côté et la mer de l’autre. Je suis heureux !

La Sainte me regarde et je l’apprécie.

Je me change, je m’étire, je me retourne et réfléchi comment je peux rajouter quelques dénivelés supplémentaires.

Un beau parcours, à renouveler pour une prochaine préparation ambitieuse …

35km / 3121m D+

Sainte Victoire (x5) de cilcourt sur Garmin Connect – Détails.

…d’ailleurs ce matin j’ai rajouté quelques mètres de dénivelés supplémentaires côté Ouest (descente du Prieuré + montée jaune (la verte est à essayer)) …

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RONDA DEL CIMS – Ultra Trail d’Andorre – Juillet 2011

Un récit écrit en plusieurs étapes,

Quelques semaines plus tard, la question est devenue sans réponses évidentes. Pourquoi avoir arrêté ? Pourquoi avoir mis fin à cette course ?

Pas de réponse claire, comme il n’est pas de réponse claire pour répondre à notre besoin d’y retourner.

Pas de réponse claire à faire à autrui, comme il n’est pas de réponse claire à expliquer notre gout à l’effort.

Chose est sur, avec plusieurs semaines passées : ni remords, ni regrets. Depuis, plusieurs kilomètres ont été parcourus avec gout et sans retenu. Comme si le corps et l’esprit avaient effacé, digéré, ce laps de temps.

Un récit en retrait, un récit sans les marques vives et saillantes de l’effort et de la souffrance. Un récit avec l’absence et l’oubli des traces physiques.

Nous sommes sur la ligne, le trio marseillais et quelques autres sommes sur le départ. Il n’y a pas d’appréhension, il ne me semble pas que nous soyons dans un esprit de performance. La veille l’organisateur nous a fait un topo, mi catalan/mi français, du parcours et de la météo. Pour le parcours, il nous suffit de nous rappeler le titre d’une revue d’Ultra à propos de cette course : « l’ultra le plus engagé d’Europe ! » (je l’avais oublié celui-là, et pourtant c’est suite à la lecture de l’article que je m’étais dit qu’il fallait que j’y aille !? alors maso ?). Pour la météo, nous devrions avoir une fenêtre de grand beau. Et ce fût le cas ! Une merveille

Boum ! Pan ! Pétard ou coup de fusil, j’ai oublié. C’est parti. Petit parcours au travers d’Ordino sur bitume, histoire d’effiler le peloton. Au bout de 500m, je me mets en mode programme. Programme que je me suis fixé, le premier tiers je me fais doubler, le deuxième je consolide ma place, et enfin le troisième je double. (sous cet angle, ce programme je l’ai scrupuleusement suivi, vu que je n’ai fait que le premier tiers). Le premier raidillon est là, est met dans l’ambiance. Les sensations ne sont pas au top, mais rien de plus normal et d’anormal de se dire que sur un Ultra le temps est avec nous. Alors patience. Espagnols et Catalans, je les ai connu plus bavards. Les uns derrière les autres en silence, nous cherchons notre souffle, notre tempo. Petite descente, comme à l’accoutumé je retrouve mes ailes et reviens sur les doubleurs. Traversée de village, et encouragement de supporters, c’est parti pour une montée bien visible sur le graphique (1000m de D+). Nous traversons les différents étages alpins, de la prairie au sommet rocheux, le tout marqué par la modification progressive de la végétation. La transition est flagrante, et facilement appréhendable car le chemin, la trace sont droits dans la pente. Tel l’écorché que nous avons vu dans nos livres d’école, nous allons droit dans la pente, et suivons le profil bien dessiné. Mon rythme est lent. J’ai sorti les bâtons. Je fais des lacets de par et d’autre du fil des coureurs. Péniblement j’arrive en haut, et sens que la journée va être longue. Pas forcément difficile, mais longue. Une fois en haut rien de tel pour me motiver et m’imaginer virevolter en direction d’une altitude moindre. Mais que nenni ! Je n’ai pas fait 100m sur une trace en dévers que je me ramasse. Ça calme. La pente est raide, le terrain est technique. Je mesure à quel point chaque instant va nécessiter concentration et attention.

Il en sera ainsi jusqu’au bout. Aucun répit. J’arrive au premier ravito, parfaitement dans mes temps. Volontairement je prolonge l’arrêt pour me poser et profiter du lieu. Je repars. Le moral est là, contrairement aux jambes. C’est dur. J’avance. Pas aussi vite que l’aiguille de ma montre, le temps file. Autour, devant et derrière, les têtes et visages sont déjà bien marqués. Le site est magnifique, le parcours est majestueux. Nous évoluons hors de tout tracé, de tout sentier. Le terrain demande une grande attention, le tracé autant en vigilance. Deuxième ravito, je suis dans les choux, je range au fond du sac mon prévisionnel. Je n’en crois pas mes yeux, 7h pour faire 32Km. Là encore, puisque le temps n’est plus un rival je m’assoie. J’essaye différents aliments, et cela s’annonce mal. Pas de panique, j’en profite pour souffler. Pascal arrive. Tout sourire, il jubile, heureux d’être et de manger de la montagne. Après une courte pause et une salade de maïs, il m’encourage et me pousse à repartir.

Mon estomac fait des siennes, dorénavant c’est lui qui va me dicter mon évolution. J’avance, je double même et rien ne passe. Je me fixe le prochain ravito pour faire une pause, et essayer de récupérer. Il n’en ai rien, à peine je tente de manger, tout fini sur l’herbe … Les pauses sont longue, mais je repars. Nous sommes au pied du sommet de l’Andorre, je dois voir cela et si possible être au sommet avant la nuit. La montée est mémorable, raide, et usante. Au sommet un joueur de cornemuse se fait entendre, j’aurai droit à un superbe couché de soleil. Bien que le moral soit revenu, je sais que je n’irai pas jusqu’au bout.

 

 

ORDINO 8h

21Km : 3h57mn – 1920mD+/1270mD- : 10mn d’arrêt (recharge en eau + grignotage)

32Km : 2h56mn – 1149mD+/883mD- : 32mn d’arrêt (Recharge en eau + repas salade maïs/tomate)

43Km : 2h55mn – 929mD+/1107mD- : 25mn d’arrêt (recharge en eau + rien ne passe)

49Km : 2h32mn – 893mD+/688mD- : 35mn d’arrêt (recharge en eau + soupe)

56Km : 1h28mn – 313mD+/543mD- : 5mn d’arrêt (un verre de coca + carré de chocolat)

70km : 3h39mn – 583mD+/1595mD- : 2h17mn d’arrêt (repos)

 

21h35mn – arrêt chrono, je rends mon dossard …

 

70Km – 19h17mn (dont 1h47mn d’arrêt)

D+ : 5842m / D- : 6089m

 

J’étais parti pour une bonne trentaine d’heure, puis révisé à quarante, je n’étais finalement pas prêt psychologiquement pour faire plus de cinquante et approcher les soixante. Je ne me suis pas senti à la hauteur. J’étais arrivé en forme mais conscient du manque de dénivelé dans la préparation, j’étais donc parti pour profiter des paysages traversés, seule vacance à la montagne de l’été. L’arrêt fût une sage décision !

Depuis une envie incessante de devoir y retourner, une envie de planifier cette course sur une saison.

 

Il y a deux jours, je me suis inscrit. J’espère qu’en 2012 je pourrai conter la suite, en tous cas je vais m’y préparer …

 

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IronMan 70.3 Pays d’Aix

Une première édition, une grande première pour moi, participer à un triathlon :

L’IronMan 70.3 Pays d’Aix !

Nous serons 1200 au départ, 50 nationalités,

Pour 1,9Km de natation, 90Km de vélo (le tour de la Sainte Victoire, avec 3 cols), et 21Km dans Aix en Provence.

Mi-juillet, alors que je reviens d’un Ultra un peu chagrin, Bernard me confirme avoir des dossards pour l’IronMan. Damned, il va falloir s’entrainer pour la natation … Autant le vélo et la course à pied, ne devraient pas poser de problème, c’est avec beaucoup d’anxiété que j’envisage la natation. Direction la piscine !

Les craintes sont justifiées, je ne tiens pas 25m en crawl … il y a du boulot !

La fin du mois de juillet se fera en piscine. Aout, c’est les vacances en famille. Le vélo sur la voiture, je vais manger un maximum de route. Enfin septembre, natation et vélo sont au programme, piscine de 50m et sortie dans le lac de Peyrolles.

C’est le jour J, il pleut, il est très tôt, il fait nuit, nous arrivons à Peyrolles en Bus. Dernier préparatif, nous sommes des novices au milieu de pros : les vélos, les combinaisons, l’équipement, nous sommes à des années lumière de ce monde. J’enfile la combinaison de plongée que l’on ma prêtée, que j’ai délibérément choisi. Son épaisseur m’assurera une portance meilleure … sa couleur et ses manchons jaune fluo me rassure : au moins on me verra !

1199 phoques tout noirs à tête bleue, sont sur la plage prêts à se jeter.

C’est à l’écart, les yeux écarquillés que je vois le lac mousser, les vagues se former, le banc de poissons avancer. De mon côté le démarrage est difficile, trouver son rythme, placer sa nage, laisser passer et ne pas gêner. Respirer

La première bouée (300m) me parait éloignée, et l’angoisse d’être le dernier me gagne – panique. Je suis plus souvent en brasse, mais j’alterne. Un regard vers la montre : 10mn, un temps qui me réconforte

Une deuxième bouée, plus alaise et concentrée par le respect d’une alternance régulière entre la brasse et le crawl. Je suis dans le rythme du fond, du banc de poisson, encadré par deux bonnet roses de crawleuse je ne me fais pas distancé. C’est le virage, deuxième contrôle : 20mn, je suis à la moitié. Etonné et rassuré

Le retour sur la troisième bouée est difficile. Une sensation de ne pas bouger, d’être à contre courant. La distance avec les autres n’est plus gênante, je peux enfin me concentrer sur le rythme respiration/mouvement. Je ne peux toujours pas tenir le crawl, alors que dés que je le nage je prends rapidement de la distance sur les autres.

Enfin la troisième bouée annonce une fin proche du calvaire, je me pousse à tenir plus longtemps la nage.

41mn je sors de l’eau, je n’en reviens pas. Il reste plus grand monde dans l’eau, mais j’ai 10mn d’avance sur mon estimation !

Première transition. Le travers d’avoir une combinaison épaisse et plus portante, est qu’elle est difficile à enlever. Je ne suis pas au point. Pas facile de mettre un cuissard sur des cuisses mouillées. Je les vois tous courir, alors que je fais et défaits mon sac. Ouf je suis prêt, je dépose mon sac, arrêt aux toilettes, direction le parc à vélo. Il est presque vide, forcément je suis dans les derniers.

Bernard est là, le bras croisés, le regard grave. Je ne comprends pas, il devrait être parti depuis longtemps. Rapidement et très succinctement il m’explique sa mésaventure, son abandon prématuré. Panique à bord, l’essoreuse a eu raison de sa confiance, c’était sortir ou finir au fond !

Je sors du parc, j’enfourche la machine et je pars à toute allure. Plus alaise, je connais parfaitement le parcours, je peux me lâcher. J’essaye toutefois de ne pas m’emballer, mais dès le départ je prends plaisir à manger de la roue, je double. Nous sommes trois à distances respectables à tenir notre gauche et à défiler. Première montée, je mouline et passe comme une fleur. Ainsi les difficultés vont s’enchainer, col de Sambuc, col de Porte, col de Cengle. Je suis grisé par la vitesse. Plus je vais vite, plus j’ai envie d’accélérer, en montée comme en descente. Je double, je double. Je jubile à doubler des supers vélos. Je garde le rythme, je ne baisse pas la garde, je sais ou j’en suis. Col de Cengle, dernière difficulté, je l’avale. J’en suis même surpris quand j’arrive sur le dernier virage. La descente de St Antonin, je lâche les chevaux. Je sais la fin du vélo, je mets le paquet, on verra bien la suite.

   

  

Deuxième transition, plus simple il s’agit de changer de chaussures. Nous n’avions jamais fait d’enchainement vélo/CàP lors de nos entrainements, les jambes crient leurs mécontentements.

Dur, le déroulement n’est pas là. La foulée est raide et lourde. Le premier tour je le réserve à la découverte du parcours, j’observe. Il est varié et jamais plat, dans d’autres circonstances cela n’aurait pas été pour me déplaire. Je me fais doubler par des gazelles qui ont un ou deux tours d’avance.

Deuxième tour, j’ai mes repères, un semblant de mieux, je  goute à nouveau le plaisir de doubler. Deuxième chouchou, femme et enfants sont sur les barrières et me motive pour finir au plus vite.

Troisième et dernier tour, la fatigue est bien là, bien ancrée, il faut faire avec. Finir, finir de ce bitume et de ces pavés.

Troisième chouchou, la délivrance. L’arche est pour moi !

Un regard vers le chrono, une heure d’avance sur mon estimation … une pensée pour Daniel

  


BIB

AGE

STATE/COUNTRY

PROFESSION

1208

46

CABRIÈS FRA

SWIM

BIKE

RUN

OVERALL

RANK

DIV.POS.

41:04

3:00:17

1:39:02

5:38:48

629

67

LEG

DISTANCE

PACE

RANK

DIV.POS.

TOTAL SWIM

1.9 km (41:04)

2:09/100m

927

113

BIKE SPLIT 1: 15 km

15 km (34:22)

26.19 km/h

BIKE SPLIT 2: 52.8 km

37.8 km (1:21:44)

27.75 km/h

BIKE SPLIT 3: 90 km

37.2 km (1:04:11)

34.78 km/h

TOTAL BIKE

90 km (3:00:17)

29.95 km/h

705

78

RUN SPLIT 1: 3 km

3 km (14:43)

4:54/km

RUN SPLIT 2: 6.5 km

3.5 km (15:43)

4:29/km

RUN SPLIT 3: 9.5 km

3 km (16:11)

5:23/km

RUN SPLIT 4: 13 km

3.5 km (17:00)

4:51/km

RUN SPLIT 5: 16 km

3 km (17:45)

5:55/km

RUN SPLIT 6: 21.1 km

5.1 km (17:40)

3:27/km

TOTAL RUN

21.1 km (1:39:02)

4:41/km

629

67

TRANSITION

TIME

T1: SWIM-TO-BIKE

12:42

T2: BIKE-TO-RUN

5:43

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Columbia Verdon Canyon challenge – Ultra Trail – 12 juin 2011

4h : départ

Ravt 2 – Km 25 :    3h30mn      24Km – 1300mD+ / 1128mD-  (Petite Forêt) 30°/187
10mn arrêt
Ravt 3 – Km 33 :    1h02mn      6Km  – 263mD+ / 264mD-   (Col Iloire) 32°/183
Ravt 4 – Km 40 :    1h04mn      7Km   – 238mD+ / 553mD-  (La source) 25°/176
Ravt 5 – Km 48 :    2h27mn      12,5Km  – 904mD+ / 911mD- (Moustier) 23°/174
(12mn d‘arrêt)
Ravt 6 – Km 60 :    1h39mn      9Km   – 533mD+ / 318mD-   (La Clue) 21°/153
(10mn d’arrêt)
Ravt 7 – Km 70 :    1h39mn      9,8Km – 459mD+/ 500mD-  (Mayrestre) 20°/150
11mn d’arrêt
Ravt 8 – Km 80 :    1h47mn      9,5Km – 485mD+ / 392mD-  (La Maline) 20°/144
28mn d’arrêt
Ravt 9 – Km 89 :    1h31mn      8,5Km – 407mD+ / 347mD-  (Petite Forêt) 19°/138
Aiguines :           2h08mn      11,5Km – 634mD+ / 811mD-    18°/137
21h39 : Arrivée

Cela faisait quelques années, que je m’étais fixé ce trail. Je suis donc content de me retrouver ce vendredi 10 juin à Aiguines pour retirer un dossard. D’autant que nous sommes venus en nombre. Certes, nous n’avons pas les mêmes objectifs : vélo pour l’un, course à pied pour certain et farniente pour les autres. Nous allons toutefois essayer de passer le plus de temps possible ensemble dans ce gite d’Allemagne en Provence, durant ce week-end de Pentecôte.

Le Verdon, que de bon souvenir. Il y a bien longtemps, j’y passais quelques semaines début septembre (au camping de La Palud) pour y faire de grandes voies. Cette fois, je ne serais pas à la recherche d’un compagnon de cordée, je n’aurais qu’a suivre au gré de mon rythme le balisage.

3h du mat, nous arrivons sur le départ. La nuit fût très courte, mais efficace. Avec Laurent nous sommes prêt !

Le rassemblement dans l’aire de départ, se fait bon enfant. Petit à petit, et dans le calme du village endormi, la bande de lucioles s’agglutine autour de l’arche. Nous sommes 182 à prendre le départ.

4h, c’est le Top. Le départ est correct, je me cale dans les premiers sur 20m. La farce étant faite, je profite de la traversée du village par les ruelles pour retrouver un rythme digne des quelques dizaines de kilomètres qu’ils nous restent à parcourir …

La semaine précédent la course, j’avais échangé quelques mots avec Pascal. Prévenu qu’il me fallait être bien placé pour aborder la montée en single, je suis dans les trente premiers. Premier objectif atteint. Et j’en aurai qu’un second, revenir à Aiguines sans avoir à remettre la frontale.

Nous étions prévenu, la montée est raide 700m de D+ en 5km. Prendre son rythme et rester sage. Je ne me laisse pas embarqué, je suis bien concentré. Surpris même d’arrivée sur la crête et de profiter du levée du jour. La journée va être belle … Quel paysage ! Les gorges sont à nos pieds. La trace demande une grande vigilance, nous évoluons sur un parterre de lapiaz. Mes yeux quittent peu les talons de mon prédécesseur. En petit groupe, nous attaquons la boucle qui nous ramènera au même ravitaillement. Une piste agréable en forêt puis une descente vers le Verdon, ou je profite sans effort pour me détacher et rattraper un autre wagon.


Parmi celui-ci je retrouve Lolo du MTC.

Nous évoluons sur un magnifique chemin taillé en encorbellement au dessus du Verdon. Une vraie merveille. Nous sommes envahi, submergé par le bruit du torrent. Enveloppé par les couleurs si caractéristiques de la roche et de l’eau, nous évoluons en rive du Verdon. Ici il fait frais, la haut, tout la haut le soleil commence à chauffer. Nous y montons, justement, par un chemin des plus court. Raide, très raide, avec échelle et corde. Je me laisse distancer, et ce n’est pas parce que je fais des photos, ils sont bien meilleurs grimpeurs.

De retour au ravitaillement de la petite forêt, je profite pour faire un arrêt technique. A partir de là, je serai seul. Je ne serai donc plus tenter à suivre ou à poursuivre. Il me faudra juste avancer avec ma propre motivation et force. Les encouragements j’irai par instant les chercher au plus profond. Jusqu’à Moustier, je déroule tranquille et confiant.

N’ayant pas vraiment préparer et analyser le parcours j’avance de surprise en surprise. Il est bientôt midi, j’ai hâte d’arriver à Moustier. C’est la mi-parcours, je ne sais pourquoi, je m’imagine un ravito d’enfer en cœur de village avec grande table et plat chaud, j’ai faim … Que nenni ! L’accueil est chaleureux, mais point de pâtes ou de soupe, juste les odeurs de plats émanant des terrasses occupées par des voyageurs. Ils ont garés leurs camping-cars en entrée de ville, et profitent des beaux jours de juin. La solidarité a du bon, justement c’est ce lundi …

Je bavarde et prend le temps de grignoter. J’alterne chips, TUC et quelques gorgées de Coca et d’eau pétillante. Je repars un peu sur ma faim. Le soleil est au zénith, après une montée par une voie romaine on arrive sur une interminable piste. Je n’aime pas çà. Cela ne monte pas suffisamment pour s’excuser de ne pas courir, et cela ne descend pas franchement pour se motiver à courir. Alors, je marche. Personne en vue, ni devant, ni derrière. Le moral en prend un coup, chute de tension, il faut avancer. Dur !

Le plat chaud est prévu au prochain ravito, je l’attends avec impatience.

Au détour d’un ruisseau, une camionnette perdue dans la forêt fait office de ravitaillement. Je suis surpris, ils le sont tout autant. Ils n’ont pas vu de coureur depuis 15 bonnes minutes ! La scène est quelque peu incongrue, en même temps qu’il acquiesce favorablement à mon désir de soupe, le bénévole met en route un groupe électrogène. Celui-ci alimente en électricité le micro-onde, qui ce dernier chauffe mon verre de soupe ! Vroum, pot, pot, pot, nous sommes en pleine forêt et discutons du parcours, assis sur un brancard j’attends. Les deux verres de soupe aux vermicelles sont revitalisant à souhait. Les 60km sont passés, je me sais sur le retour. Le tracé, reprend un aspect trail.

Avec quelques portions de piste, où j’opte pour une méthode approuvée en d’autres circonstances pour avancer. Je me cale sur les rubalises, pour alterner marche et course. Je n’ai rien à décider, je n’ai qu’à suivre et à observer. Toutes discussions, négociations, tractations intérieures sont de fait inutiles. J’avance. Surprise, dans l’ondulation d’un virage, me voilà nez à nez avec une biche (ou autre cervidé de la même espèce). Elle est bien plus vive que moi. Le temps que l’information arrive au cerveau, que celui ci commande l’arrêt des jambes, et sortir l’appareil photo. J’ai non seulement fait quelques mètres mais je n’ai plus l’once d’un Bambi à l’horizon ! Dommage.

Soixante dixième, il n’y a plus qu’à finir. A flan des gorges nous devons rejoindre La Maline, le refuge Martel. Ne pas préparer, ne pas analyser le parcours avant de partir peut être fâcheux. Ces kilomètres sont interminables. J’arrive épuisé, vidé. C’est en pleurs que je m’assois sur un brancard. Je craque. Les bénévoles s’inquiètent de mon état, et veulent me soulager d’une blessure, d’une douleur, d’un échauffement. Rien, je n’ai rien, même pas mal, juste vide. Un arrêt s’impose, je m’allonge. Le médecin en profite pour me prendre la tension, et surpris me dit que tout va bien, j’ai 13/6. Le mode allonger est court et salvateur. Je reprends mes esprits et profite pour ingurgiter chips, fromage et autres mets salés à disposition. Au bout d’une petite demi-heure je décide, et décider, de reprendre la route. La descente qui suit, je la connais pour l’avoir fait en famille. L’aller et le retour nous l’avions fait avec les enfants en mode défi. Je suis donc pour un laps de temps en terrain connu. Est ce cela, ou l’arrêt prolongé, en tous cas le moral est de retour. Traversée du Verdon, puis en contre sens de ce matin le retour se fait tranquillement. Je ne sais si je vais vite, je ne m’en préoccupe guère, j’avance. J’ai par moment des échauffements sous l’avant du pied qui me gène lors de la pose de celui-ci. C’est douloureux, et me vaut une modification par intermittence du déroulé. Petit à petit, et de plus en plus souvent je regarde la montre. Le timing et mes estimations en temps réel présagent le deuxième objectif possible. Dernier ravitaillement, je « double » le dernier du 50km. Il est assis, discute avec les bénévoles. Il se sait non pressé par la barrière horaire, son accent suisse le siée bien. Une pensée pour Werner … Je ne m’attarde pas je repars. Le temps m’est maintenant compté. Je n’accélère pas, je maintiens le rythme. Je sors facile de la forêt, il s’agit maintenant de rejoindre la crête. Nouvelle rencontre, des brebis ! Un tas de brebis ! mais elles ne sont pas seules. Il n’y a pas l’ombre du béret d’Athanase Percevalve mais c’est un, deux puis trois patous qui nonchalamment viennent renifler mes mollets. C’est donc en marche arrière avec un cardio à 300 que je recule vers devant !? Gentil les toutous … Et j’ai droit à toute la famille, ils sont cinq. Je suis cerné et observé de très prêt. Je n’en mène pas large. Le plus jeune me montre ses crocs bien blancs et aboie comme un dératé, le plus vieux grand sage temporise avec quelques gros et gras Whaouf ! La situation amusant les brebis, elles avancent et suivent le GR. J’aurai presque envie de voir apparaître un char (nous sommes en lisière du camps de Canjuers) pour faire fuir tout ce beau monde. Et d’un coup, toujours en marche arrière, je me retrouve seul. Il me faut un petit instant pour reprendre mes esprits et remettre du sens (le bon) à la situation. La fin comme la crête approchent. Il n’y a plus qu’à descendre. Je suis bien. Quatre cervidés m’encouragent et stimulé par la nuit tombante, je dévale. Depuis la cime, pas d’arrêt, pas de pause, pas de repos je sors des sentiers et rentre dans Aiguines. L’arche est passée, il fait jour. Le temps de me faire biper, de donner quelques impressions et c’est la nuit noire.

C’est un beau trail, une belle course. Un magnifique parcours très varié, tout y passe plateau, canyon, crête, piste, single, tout le lexique du trail a eu son quart d’heure de gloire. Je ne me suis jamais senti oppressé et pressé par le résultat. Seul à 80% du temps, la fatigue a été mentale. Au point de m’interroger sur le bien fondé de ces épisodes de vie avec dossard.

Ce dernier, est il nécessaire ?

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La Sainte

Une bonne sortie, en repérage d’une zone inconnue …

un départ de Puyloubier, puis par un sentier connu nous rejoignons la crête. Le temps est couvert et changeant

la montée est raide, la seule grosse difficulté de la journée. Du caillou partout

Horizon du Sud, loin là-bas la mer. La crête est juste derrière, une pause à l’abri. Le vent est très fort et froid, crignotage et coupe vent

il fait froid, le vent décoiffe, la vue est dégagée à 360.

Une bonne sortie comme on les aime. Une partie majoritairement roulante, où il faudra être fort et vigilant le jour J. Ne pas se griller, et ne pas perdre de temps …

 

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